Quelques réflexions six mois après la sortie de « cuisiner en toute simplicité » ...
Lorsqu'un livre est publié chez un éditeur, j'ai appris qu'il était d'usage d'en envoyer gracieusement un certain nombre d'exemplaires (sur lesquels l'auteur ne touche pas de droits) à une liste de journalistes, critiques, rédacteurs en chefs de journaux, animateurs de radio, télé etc... susceptibles d'être intéressés par le contenu du livre.
Pour vous donner une idée, pour un tirage de 1500 exemplaires, une présentation du livre a été envoyée à quelques 270 contacts pré-établis, et une trentaine d'exemplaires ont été envoyés à des revues ou contacts plus ciblés dans le milieu alternatif, bio etc.
Le livre a eu peu de retours au regard de tous ces livres offerts, mais ils nous ont beaucoup touchées, Kay Wernert et moi. Cela n'est sans doute pas fini, des livres, ces gens-là en reçoivent tous les jours et si un livre suscite leur curiosité ou leur intérêt, il faut encore qu'ils puissent trouver l'occasion d'en parler dans un article, que ça ne bouleverse pas la ligne éditoriale du journal etc.
En ce qui nous concerne, le sujet n'est pas « tendance », il serait plutôt même anti-conso et assez dérangeant. J'ai fini par comprendre pourquoi les magasins bio ne se précipitaient pas pour le proposer...
Quand, suite à un envoi de presse, un article paraît à propos d'un livre, ou bien s'il est mentionné dans une publication, normalement, l'attaché(e) de presse de la maison d'édition reçoit un extrait de la revue en question qu'il/elle transmet à l'auteur.
C'est comme ça qu'en tant qu'auteur on peut se tenir au courant de la diffusion de son ouvrage dans les médias, et se constituer sa petite revue de presse personnelle.
Comme il s'agit d'un ouvrage pratique, on peut espérer qu'il aura plus de chances de durer que d'autres livres qui finissent très rapidement au pilon... Mais il ne faut pas s'illusionner non plus, le marché est sans fin et un livre a très peu de temps pour faire ses preuves. S'il n'est pas un peu encouragé par ci-par là il aura du mal à se vendre et il ne faudra pas espérer une ré-édition.
Mais revenons à ces envois de presse...
Évidemment les destinataires ne les réclament pas aux éditeurs, ils figurent sur des listes et ils les reçoivent dans le cadre de leur travail. Après, certains les offrent autour d'eux, les font circuler, ou peut-être les gardent ( mais il faut qu'ils aient la place !), et on ne peut pas empêcher les autres de les vendre s'ils en ont envie.
À ce propos, je ne peux pas citer de noms mais je vais quand même relater une petite expérience qui en dit long :
Je pensais que s'il était une catégorie de lecteurs qui pouvait être concernée par « Cuisiner en toute simplicité » c'était bien la clientèle des magasins bio. Biocontact m'a permis de faire un article et cela a contribué à faire connaître le livre. Les autres journaux gratuits diffusés en magasins bio ont également reçu le livre en envoi de presse.
Parmi eux, il y en a un dont je peux toujours attendre un article !
Récemment, en voyant mon livre vendu sur Priceminister à moitié prix « comme neuf » j'ai eu le sentiment que c'était le début de la fin. À ce point-là, ça ne pouvait être qu'un(e) lecteur/trice vraiment très déçu(e)...
Un examen un peu plus attentif de la boutique du vendeur m'a mis la puce à l'oreille :
tous ses livres à le vente sont dans la catégorie "comme neuf" (pour ne pas avoir d'ennuis avec les libraires ?!) et tous décrits "neuf", à des prix défiant toute concurrence. Ce sont des ouvrages très récents, ciblés écolo-bio, et parmi eux, je vois deux livres de la rédactrice d'une publication gratuite diffusée en magasins bio. J'avais ma petite idée, et par curiosité j'ai acheté un livre, autre que le mien, pour voir à qui j'avais affaire.
J'ai reçu rapidement mon livre à prix imbattable, dans un bel emballage neuf, en envoi mini max ( ça ne signe déjà pas le petit vendeur de livres d'occasion, les priceministériens me comprendront
) avec sur l'enveloppe l'expéditeur et le lieu : je ne m'étais pas trompée. Je suis d'autant plus déçue que je ne manque jamais un numéro de cette publication.
J'ai donc eu la preuve que non seulement la quasi totalité des envois de presse n'ont pas de retour, mais que dans certains cas ils sont revendus sur des sites spécialisés. C'est "normal" dans la mesure où les bénéficiaires n'ont rien réclamé et peuvent considérer cela comme un cadeau, mais ils pourraient les revendre plus discrètement... Bien sûr ils peuvent toujours dire que c'est pour le partage, pour la bonne cause et pourquoi pas pour donner une nouvelle chance au bouquin.
Pour un auteur, d'un livre récent de surcroît, ça n'est pas une très bonne publicité et ça fait de la peine de se voir bradé si vite.
Les acheteurs eux y gagnent, c'est sûr, bien qu'ils puissent se poser des questions sur la qualité du livre, récent, vendu parfois avec 80 % de réduction sur le prix du neuf.
Dommage aussi que les envois de presse ne soient pas tamponnés "envoi de presse" ou quelque chose dans ce genre. Apparemment cela ne se pratique pas dans la profession, on peut se demander pourquoi.




















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